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Dépendance affective : 7 signes pour la reconnaître

il y a 3 heures
4 min de lecture

dépendance affective, les 7 signes. Armelle Béraudy Thérapeute integrative

Vous attendez un message. Les minutes passent, puis une heure. Vous relisez ce que vous avez envoyé, vous cherchez ce qui a pu déplaire, vous imaginez déjà le pire. Quand la réponse arrive enfin, tout se relâche d'un coup, comme si on vous rendait l'air.


Si cette scène vous parle, cet article est pour vous. La dépendance affective se cache souvent derrière des qualités : la gentillesse, la loyauté, le dévouement. Voici sept signes pour la reconnaître.



Dépendance affective : de quoi parle-t-on ?


Avoir besoin des autres est humain, et souvent sain. Le psychologue Robert Bornstein, qui a consacré une grande partie de ses recherches à la dépendance interpersonnelle, en souligne d'ailleurs les aspects adaptatifs [1]. La difficulté commence quand le besoin de l'autre devient la condition de votre équilibre : votre sécurité intérieure, votre humeur et votre valeur semblent entre ses mains.


Une précision importante : la dépendance affective ne figure dans aucune classification officielle. En 2010, une équipe de psychiatres français a constaté qu'il n'en existe ni définition ni critères diagnostiques reconnus, tout en relevant des ressemblances frappantes avec les addictions [2]. Les signes qui suivent ne posent donc aucun diagnostic. Ils vous aident à vous observer.


1. Votre humeur se règle sur celle de l'autre


Un ton un peu sec au téléphone, et votre journée bascule. Un compliment, et tout s'illumine. Votre météo intérieure suit la sienne, au point de ne plus très bien savoir ce que vous ressentez, vous, en dehors de lui ou d'elle.


2. Un silence devient une menace


Un message lu sans réponse, un emoji qui manque, un « ok » à la place d'un « d'accord » : chaque petit signal est passé au crible. Les travaux sur l'attachement adulte, ouverts en 1987 par Cindy Hazan et Phillip Shaver, décrivent ce style anxieux, où l'amour se vit comme une préoccupation constante, avec un fort besoin d'être rassuré·e et une peur intense d'être délaissé·e [3].


3. Dire non vous coûte trop


Refuser un service, exprimer un désaccord, demander autre chose : tout cela semble mettre la relation en danger. Alors vous acceptez, vous arrangez, vous repoussez vos besoins à plus tard. Et plus tard arrive rarement.


4. Votre vie se resserre autour de la relation


Vos ami·es, vos activités, vos projets créatifs passent au second plan, souvent sans que vous l'ayez vraiment décidé. Vous adoptez les goûts de l'autre, son rythme, ses priorités. Un jour, vous réalisez que vous ne savez plus très bien ce qui vous fait plaisir à vous.


5. Vous restez alors que vous savez que ça vous fait du mal


C'est l'un des signes les plus douloureux. Vous voyez clairement que la relation vous abîme, vous en parlez à vos proches, vous prenez des résolutions… et vous restez. Continuer malgré des conséquences négatives connues fait justement partie des points communs relevés entre la dépendance affective et les addictions [2].


6. L'absence ressemble à un manque physique


Quand l'autre s'éloigne, même quelques jours, la tristesse prend une forme presque physique : le sommeil se dérègle, l'appétit change, les pensées tournent en boucle autour de lui ou d'elle. Les chercheurs rapprochent ces réactions d'un état de sevrage [2]. Le corps, lui aussi, est en manque.


7. Votre valeur dépend de son regard


Aimé·e, vous vous sentez digne. Critiqué·e ou ignoré·e, vous vous sentez nul·le. Votre confiance en soi semble prêtée par l'autre, qui peut la reprendre à tout moment. Des psychiatres ont décrit ce terrain : une estime de soi fragilisée dès l'enfance, faute d'avoir pu construire une base de sécurité intérieure suffisante [4].


D'où cela vient-il ?


Selon la théorie de l'attachement, nous apprenons très tôt, auprès des personnes qui prennent soin de nous, si nous pouvons compter sur l'autre et si nous méritons d'être aimé·es. Hazan et Shaver ont montré que ces modèles se retrouvent dans nos relations amoureuses d'adulte [3].


La dépendance affective est souvent une stratégie apprise tôt : s'adapter, plaire, anticiper, pour garder le lien. Elle a protégé l'enfant. Elle coûte cher à l'adulte. Chez les personnes hypersensibles, qui perçoivent intensément les nuances émotionnelles, ce mécanisme peut s'amplifier : chaque signal capté devient une source d'inquiétude.


Peut-on en sortir ?


Oui. Les cliniciens qui étudient la dépendance affective constatent qu'on peut en sortir, notamment en travaillant sur l'estime de soi [4]. Le chemin passe par trois mouvements :

  • reconnaître le schéma au moment où il se rejoue ;

  • reconstruire une sécurité intérieure qui ne dépende plus entièrement de l'autre ;

  • apprendre à exister dans la relation sans s'y perdre.


Un premier pas, dès aujourd'hui : la prochaine fois que l'angoisse monte en attendant une réponse, posez une main sur le ventre, respirez lentement, et demandez-vous : « De quoi ai-je besoin, là, maintenant, qui ne dépend que de moi ? »


Faites le point


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Je suis Armelle Béraudy, thérapeute à Montpellier et à La Ciotat. J'accompagne les personnes hypersensibles, créatives et LGBTQ+ vers la confiance en soi et hors de la dépendance affective, en cabinet et à travers un programme en ligne. Prendre rendez-vous.



Sources


[1] Bornstein, R. F. (1993). The Dependent Personality. New York : Guilford Press.

[2] Reynaud, M., Karila, L., Blecha, L. et Benyamina, A. (2010). Is love passion an addictive disorder? The American Journal of Drug and Alcohol Abuse, 36(5), 261-267. doi:10.3109/00952990.2010.495183

[3] Hazan, C. et Shaver, P. (1987). Romantic love conceptualized as an attachment process. Journal of Personality and Social Psychology, 52(3), 511-524. doi:10.1037/0022-3514.52.3.511

[4] La dépendance affective et la psychiatrie : une mésentente. L'Encéphale, 2011. doi:10.1016/j.encep.2010.04.005

 
 
 

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